Affaire Traoré Lassina, Traoré Bakary contre Diarra Karamoko et Traoré Yacouba. Les deux derniers comparaissent, pour répondre du délit de "faux et usage de faux". Nous sommes dans une affaire qui oppose des Traoré à un Diarra.
Dans l'aire socio-culturelle mandingue, en Afrique de l'Ouest, les famillesTraoré et Diarra, pratiquent et entretiennent à l'envi, une parenté à plaisanterie. C'est une alliance que leurs ancêtres ont nouée, les uns avec les autres, depuis des temps immémoriaux. De sorte que les malentendus ou conflits qui les opposent, sont généralement traités et réglés plutôt sous "l'arbre à palabres", que devant un tribunal de droit commun. Malheureusement, c'est le deuxième cas de figure qui s'est présenté, dans le courant du mois de juillet 2022, quand les parties en conflit se sont retrouvées dans la salle d'audience du Tribunal correctionnel de Grand-Basssam.
En attendant d'entrer dans les détails de l'affaire en question, retenons la sagesse populaire qui dit que "si dans une famille, l'argent rentre par la fenêtre, la fraternité sort par la porte."
Il y a juste un an, père Traoré Daoud rendait l'âme, en laissant à ses fils et ayant-droit, une véritable manne financière et une grande parcelle de 12 hectares, à mettre en valeur par ses héritiers. Tout porte à croire, que le sieur Karamoko Diarra, le principal prévenu, au lieu de se conduire en vrai allié des Traoré, s'est introduit malicieusement dans cette famille, tel un agent pathogène, pour la diviser d'abord et pour mieux la sucer financièrement, ensuite. Après avoir muri son plan de "déstabilisation familiale", il réussit à mettre dans le coup fumant, Yacou, l'aîné de la famille Traoré. Lui, Yacou, qui devait plutôt s'appuyer sur son droit d'ainesse, pour s'imposer comme le véritable rassembleur et l'espoir de cette illustre famille. Que non !
A partir de cet instant, plus rien n'arrêtera K. Diarra et son complice, T. Yacou. Entretemps, ce dernier avait signé, unilatéralement et au grand dam de ses frères, un contrat avec une société italienne de construction de logements, pour mettre en valeur, la parcelle que père Traoré a laissée à la famille, avant sa disparition.
K. Diarra, après avoir volé au secours de ses frères alliés, dans une sombre affaire, qui s'est soldée par leur interpellation et leur mise en garde à vue, par la maréchaussée, obtient de ceux-ci, l'autorisation de veiller, de jour comme de nuit, sur leur propriété commune : l'imposante parcelle de 12 hectares.
Usant d'un stratagème dont lui seul a le seccet, K. Diarra réussit à faire d'un deuxième frère Traoré, en l'occurence Lassiné, son deuxième complice potentiel. De fil en aiguille, dans le noir dessein, de gruger la famille alliée, K. Diarra met tous les atouts de son côté. Il finit par s'autoproclamer "admimistrateur des biens de la famille Traoré".
Tout est donc prêt, pour mettre au point le funeste plan de la rédaction d'un document. Document "précieux", qui va porter les signatures des enfants Traoré mais qui risque de se retourner dangereusement contre eux. Dans ce document qui sera légalisé par les services compétents, les enfants Traoré consentent à offrir, comme sur un plateau d'argent, la somme de 144 millions de francs CFA à Karamoko Diarra, pour ...services rendus à la famille Traoré.
Pour autant, K. Diarra ne tardera pas à apprendre à ses dépens, qu'en la matière, il n'y a pas de crime parfait.
Quel plan ou quel stratagème, le sieur Diarra a monté, pour concocter le document compromettant ? C'est la principale question que le président du Tribunal a posée au prévenu qu'il est devenu aujourdhui.
Le procureur de la République s'adresse à K. Diarra : Vous dites que c'est eux qui ont signé ce document. Ils reconnaissent leurs signatures mais ne reconnaissent pas avoir signé d'eux-mêmes, le fameux document.
Un des frères Traoré, en l'occurence Bakary, réagit et affirme : C'est aujourd'hui que je vois ce monsieur (Diarra), pour la première voix. Wallaye !
Le Conseil (avocat) des plaignants á K. Diarra : Quand les enfants Traoré sont venus, comme des anges, vous remettre le document, était-il déjà légalisé ?
Diarra : Non.
Qui a procédé à la légalisation ?
Je leur ai remis ma pièce d'identité, pour la circonstance.
Le Conseil : Ce qui est sûr, il n'y a aucune trace de leurs pièces d'identité, sur ledit document.
Et l'avocat des plaignants, de poser les questions préoccupantes, qui suivent : Quelle est donc l'authenticité de ce document ? Dans quelles conditions il a été délivré ? Si les frères Traoré ne l'ont pas signé, comment se fait-il qu'il a été légalisé ?
S'adressant particulièrement à Traoré Lassiné, l'avocat des plaignants est clair : "Lassiné, tu es bel et bien dans le coup de Diarra. Vous avez fomenté un plan funeste, pour spolier la famille Traoré des biens qui lui appartiennent. Il nous revient qu'à la mort de père Diarra, tu as encaissé cinq millions, puis 28 millions, dans des circonstances on ne peut plus, obscures."
L'avocat des prévenus intervient pour mettre en doute, le caractère matériel du faux en question. Le conseil de la partie civile réclame 150 millions de francs CFA de dommges-intérêts. Le procureur de la République, de son côté, menace de jeter les prévenus en prison, pour six mois et de les amender, à hauteur de 200b000 francs CFA chacun, s'ils sont reconnus coupables de "faux et usage de faux".
Mory Frey Touré





