L'autorité municipale de Daoukro n’est pas restée indifférente à l'élan d’exhortation généralisée des consciences et des cœurs, à s’inscrire dans la dynamique de réconciliation. Kouakou Koffi Guillaume, 3e adjoint au maire, explique que, « l’équipe municipale a de prime abord approché les leaders des communautés en conflit, pour leur demander de calmer les jeunes. Après quoi, elle a convoqué tous les jeunes de la ville, pour leur expliquer que la violence ne profite à personne. J’ai été mandaté pour engager des échanges avec la communauté Dozo. J’ai aussi effectué un déplacement à Benanou, un village situé à 2 kilomètres de Daoukro, pour échanger avec les jeunes ».
Le député de Daoukro-N’gattakro s’ y est tout aussi impliqué . Il s’est rendu auprès des communautés en conflit. Histoire d’appeler d’abord au calme. C’est seulement après qu’il a pris son bâton de pèlerin pour sillonner les quartiers, villages et hameaux de Daoukro-N’gattakro en vue de délivrer des messages de paix, de réconciliation et de cohésion sociale. Dans la même optique, Olivier Akoto a rendu visite à tous les chefs de communautés, guides religieux, ainsi que les leaders de la jeunesse.
La part des jeunes
Les jeunes aussi se sont lancés dans la mouvance, comme pour rassurer les uns et les autres, qu’ils n’entendent plus descendre dans les rues. Eux à qui, il a été reproché de s’être laissés incités et manipulés, pour plonger Daoukro dans toutes les horreurs que cette ville, jadis paisible a connues à la présidentielle de 2020. Les actions menées par ces jeunes ont été conduites par le président de la section départementale et régionale du Conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire (Cnjci). Tiapo Hervé a fait convoquer une réunion d’urgence en collaboration avec l’ancien président de la jeunesse communale, à l’effet de mettre en place, un comité mixte d’éveil, composé de jeunes Malinké et de jeunes Baoulé.
Ledit comité a sillonné les différents quartiers de la ville, pour sensibiliser les jeunes à abandonner la violence pour le retour à la paix.
Mauvaise gestion des rumeurs
Les membres de cette nouvelle organisation ont aussi permis de régler la gestion des rumeurs parce que déclare Tiapo Hervé, « la mauvaise gestion des rumeurs est l’une des causes de la crise ». Le député Olivier Akoto partage cette opinion. Pour lui, « les rumeurs ont exacerbé la tension qui a prévalu à cette occasion ». Evoquant toujours des raisons de ces affrontements, Olivier Akoto a pointé un doigt accusateur en direction de certains leaders, non pas ceux de la région, mais plutôt ceux d’Abidjan.
Les habitants de Daoukro, dans leur majorité, ont donc pris conscience de la gravité des faits survenus en octobre 2020, si l’on s’en tient à toutes ces initiatives visant à réinstaurer la paix. Cependant, ne dit-on pas que mieux vaut prévenir que guérir ? Autant donc prendre les dispositions d’ores et déjà, pour tuer dans l’œuf ,tous les éventuels comportements, propos, initiatives ou actions, susceptibles de replonger la ville dans le malheureux évènement que Daoukro a vécu en 2020.
Anticiper
C’est dans cette noble optique que, depuis quelque temps, les leaders d’opinion ont commencé à mener des actions pour anticiper sur une éventuelle crise, qui pourrait survenir au cours de la présidentielle de 2025. Le 3e adjoint au maire et le président du Cnjci ont organisé chacun de son côté, des formations politiques au profit des populations, singulièrement des jeunes. En outre, les autorités municipales sont à pied d’œuvre, pour lutter contre la consommation de la drogue. Et cela, avec l’appui des Forces de défense et de sécurité. Le député continue d’effectuer les visites. Olivier Akoto a notamment organisé une tournée d’échanges et d’informations, auprès des populations de 35 villages, du dimanche 7 au samedi 13 août 2022. Il a une fois de plus appelé à la paix. Cet élu organise depuis 2004, le Festival international de la culture et des arts de Daoukro (Ficad). Un évènement annuel qui permet le brassage des peuples et des cultures, favorisant ainsi la cohésion sociale dans la région de l’Iffou. Il y a aussi Mme Kouakou Alexise, institutrice à Daoukro, qui organise depuis 2 020, le festival Toukpe, en vue de promouvoir les alliances interethniques entre les peuples de Côte d’Ivoire résidant à Daoukro et au-delà, ceux de toute l’Afrique. Toujours dans la même veine, l’imam de la grande mosquée de Daoukro, a pour sa part organisé un séminaire de sensibilisation, pour le renforcement de la paix. Il s’est tenu du 19 au 22 août 2022 à Famienkro, une sous-préfecture de Prikro. Pour le reste, les imams, les prêtres et les pasteurs entendent continuer de prôner la paix aux cours de leurs prêches.
Junior Jeremy





