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Interview : Ce qu’il faut faire pour un abandon définitif de la cigarette (Dr Koffi Nestor)

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Il n’est pas aisé pour un fumeur qui a arrêté de fumer, de dominer son envie de reprendre la cigarette. Selon Dr Koffi Nestor, chargé d’études, de l’information, éducation, communication au Programme national de lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions, le pas est souvent vite franchi. Dans cet entretien, le médecin livre des secrets sur les attitudes à adopter en vue d’abandonner la cigarette pour de bon. Il y aborde également divers autres points relatifs au tabagisme.


Lebanco.net Peut-on demander à une personne qui fume d’arrêter du jour au lendemain ?

Dr Nestor Koffi : Non, il faut éviter de procéder ainsi, car cela peut le conduire à rechuter. Quand on doit demander à un fumeur d’arrêter la cigarette, il faut l’accompagner. Les gros fumeurs ont besoin d’aide de spécialistes, à savoir des médecins, des psychologues, et autres. Dans la littérature il est démontré que 20 personnes sur 100 cessent de fumer volontairement.

Quelles pourraient être les conséquences d’un arrêt brutal de la cigarette chez un fumeur ?

Dr Nestor Koffi : Comme je l’ai déjà dit, Il faut s’attendre à une rechute. Toutefois, si un fumeur parvient à arrêter la cigarette, il en ressent les bénéfices au plan sanitaire au bout de quelques temps.

Que lui faut-il faire alors, pour que la cessation de fumer se passe sans inconvénients ?

Dr Nestor Koffi : Le sujet doit consulter un médecin pour qu’il évalue son degré de dépendance. Il va également faire des examens pour identifier la dépendance nicotinique, et les autres dépendances. Il va chercher à savoir s’il fait une dépression nerveuse, s’il est anxieux ou pas. Cela permet au médecin de caractériser le tabagisme du sujet, afin de savoir si celui-ci est fortement, moyennement ou faiblement dépendant. Le médecin saura alors s’il faut ajouter à la prise en charge des substituts nicotiniques, au cas oùle patient est fortement dépendant. Il convient de savoir que la prise en charge est multi dimensionnelle. C’est-à-dire qu’elle est médicale, médicamenteuse, psychologique, et communautaire.

Que faire pour éviter que celui qui a cessé de fumer ne rechute ?

Dr Nestor Koffi :Dès lors qu’un fumeur décide d’arrêter la cigarette, il doit de prime abord informer son entourage qu’il a décidé d’arrêter de fumer, et en tant que tel, il a besoin de leur appui. Il doit se débarrasser de tout ce qui fait allusion au tabagisme, à savoir les briquets, les paquets de cigarettes, les cendriers. Celui-ci doit également éviter les endroits où on fume la cigarette, ainsi que ses amis ou connaissances qui continuent de fumer. De même, il doit éviter tout aliment ou tout produit qui pourrait l’attirer vers le tabac, entre autres le café, l’alcool, la cola. Si d’aventure cette personne rechute, elle doit chercher à identifier et comprendre les raisons ayant abouti à cette situation. Afin d’en tenir compte pour éviter de commettre les mêmes erreurs. Pour arriver à abandonner totalement la cigarette, l’on peut faire 3 ou 4 rechutes d’abord. L’essentiel est d’avoir le courage de se remettre en cause, et d’agir de sorte qu’on puisse arriver à se départir totalement de la cigarette un jour.

Comment se fait la désintoxication d’un fumeur ?

Dr Nestor Koffi : La prise en charge du sujet tabagique se fait de façon simple. Il faut voir un spécialiste. Il va faire un examen pour évaluer le niveau du tabagisme. A partir duquel il va prescrire un traitement, qui a plusieurs volets. A savoir un volet médicamenteux, psychologique, un accompagnement communautaire si la personne a besoin de l’aide d’autres personnes ou des groupes de personnes qui ont une expérience en la matière.

Combien de temps peut prendre la désintoxication d’une personne ayant décidé d’abandonner la cigarette ?

Dr Nestor Koffi : Le temps de la désintoxication est proportionnel à celui pendant lequel, la personne concernée a fumé.

Cette désintoxication se déroule-t-elle nécessairement dans un centre spécialisé ?

Dr Nestor Koffi : Non, la prise charge du sujet tabagique se fait généralement en ambulatoire. Celui-ci n’est pas interné dans un centre. Le patient va se déplacer régulièrement pour voir le médecin traitant sur un long terme. Le médecin va lui prodiguer des conseils. Il va lui donner des rendez-vous pour voir ce qui marche ou pas, dans le traitement. Il va chercher à connaitre ses craintes et ses inquiétudes. Il peut conseiller que des Ong, des confrères, la conjointe ou le conjoint, des amis, un psychologue le suivent. Le sujet peut ne pas être hospitalisé, à moins que sa désintoxication soit associée à une autre pathologie, le nécessitant obligatoirement.

Propos recueillis par Junior Jeremy



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