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Au tribunal. Pour voir ses enfants , elle traîne son ex-époux en justice

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Essy et Eugénie ont partagé près de vingt ans d’une vie de couple. Trois enfants, dont l’aîné est âgé de dix-sept ans aujourd’hui, sont nés de ce mariage. Un mariage qui était apparemment bien parti pour réussir. Puis survinrent entre eux des brouilles et des dissensions que le couple ne réussira pas à surmonter.

Après s’être finalement mis d’accord sur leurs désaccords conjugaux, Essy et Eugénie mettent fin, courant 2018, à leur aventure amoureuse. Avant de se quitter, ils n’ont pas trouvé le temps de se pencher sur le sort de leurs trois enfants. Il a fallu attendre le 25 juillet 2019, pour voir une décision de justice situer les deux antagonistes sur leurs responsabilités parentales respectives. La garde des enfants revient au père mais la justice donne le droit à la mère de les recevoir deux fois dans le mois : le premier et le troisième week-end.

Malheureusement, là encore, en dépit de la clarté de cette décision de justice, Essy et Eugénie continueront de se “donner en spectacle” devant leurs enfants. Un jour, Eugénie, très fâchée, décide de traduire en justice le père de ses enfants. Motif : non respect d’une décision de justice. Nous sommes le 20 octobre 2022, dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Grand-Bassam.


Eugénie à la barre :

« La justice a confié la garde des enfants à leur père. Pour moi, ce n’est pas grave, puisqu'aussi bien la même décision de justice me réserve le droit de les recevoir le premier et troisième week-end du mois. C’est-à-dire que je vais les chercher le vendredi ou le samedi soir et je les ramène chez leur père, le dimanche soir.

Certaines fois, j’étais très occupée par mon petit commerce. Je dois me battre tous les jours, pour joindre les deux bouts. Je dois m’occuper également de ma mère qui vit avec moi et qui est très souffrante. A cela, il faut ajouter que je suis constamment au service de mon église… Tout cela explique le fait que je n’ai pas toujours pu recevoir les enfants, comme je le voulais. Quand j’ai retrouvé un peu plus de stabilité et de sérénité, j’ai voulu renouer le contact avec les enfants mais leur père s’est dressé contre moi. Essy n’a pas le droit de me mépriser de la sorte. Il a même déclaré, un jour, que je n’ai rien à voir dans l’éducation de nos enfants. Monsieur le juge, je ne veux pas de mal au père de mes enfants. Certes, nous ne vivons plus ensemble. Même s’il vit désormais avec une autre femme, nous restons quand même toujours liés par nos enfants. C’est son comportement, que je trouve inadmissible, qui m’a amené à saisir le Parquet et porter plainte contre lui pour non-respect d’une décision de justice. »


Essy s’explique et se défend :

« Monsieur le président du tribunal, Monsieur le procureur de la République… Je suis étonné de ce que raconte la mère de mes enfants. Je prends le ciel et la terre à témoins, pour m’inscrire en faux contre de telles allégations. J’ai simplement demandé à Eugénie de m’appeler d’abord avant de venir chercher les enfants. Ce qu’elle refuse de faire. Un week end, ne la voyant pas arriver comme prévu, je me suis rendu à son domicile avec les enfants. Malheureusement, la porte de sa maison était close. Mon fils aîné a même lâché ceci : « Papa, si Maman ne veut plus nous recevoir, retournons à la maison.»

- Le procureur de la République : M. Essy, la mère de vos enfants vous accuse maintenant de faire opposition à la décision de justice rendue le 25 juillet 2019.

- Je n’ai jamais fait obstacle à cette décision, M. le Procureur.

- Le président du tribunal : Votre ancienne compagne dit que vous ne faites rien pour lui faciliter la tâche, quand elle prend les dispositions pour aller chercher les enfants chez vous.

- M. le Président, je lui ai simplement demandé de me tenir d’abord informé, avant de venir les chercher…

- Essy, soyons clairs : cette condition de l’information préalable figure-t-elle dans le texte de la décision rendue par la justice ?

- Non, M. le Président.

- Alors… qu’est ce que ça vient chercher ici ?

Après les interrogatoires du prévenu et de la plaignante, par le juge d’une part, et le par le procureur de la République d’autre part, et pour tenter de les ramener à de meilleurs sentiments, l’audience a été suspendue pour quelques minutes.


Rendez-vous le 10 novembre


A la reprise de l’audience, le président du tribunal s’est imposé en véritable réconciliateur entre la mère et le père des enfants, eux qui sont au centre de ce conflit. Des enfants dont l’équilibre psychologique se trouve menacé. Le juge n’est pas allé de main morte, pour mettre le père Essy devant les responsabilités qui l’attendent : « Essy, prenez vos responsabilités. Vous êtes l’homme. Vous êtes le père des enfants. Leur mère a le droit de leur rendre visite chez vous et de les amener chez elle, comme le mentionne la décision de justice. Votre épouse, celle avec qui vous vivez actuellement, n’a pas le droit d’intervenir dans cette affaire qui vous concerne, vous, votre ancienne épouse et vos enfants. La mère de vos enfants a dit tout à l’heure qu’elle n’a rien contre vous.

« Comprenez que votre conduite dans cette affaire peut amener la justice à vous arrêter. Pour le moment, nous n’irons pas dans ce sens. La justice peut également décider de vous retirer la garde des enfants pour la confier à leur mère. Là, vous serez condamné à lui payer une pension alimentaire. Je vais plus loin : pour le bonheur des enfants, la justice peut même autoriser votre ancienne épouse à passer la nuit chez vous. J’espère qu’on ira pas jusque là. Donc, n’attendez même plus que leur mère se déplace pour venir les chercher. Faites toujours l’effort d’aller les déposer chez elle et de les ramener chez vous. M. Essy : vous m’avez compris ? »

- Oui, M. le Président, j’ai compris ce que vous avez dit.

-Si vous m’avez compris, tant mieux. Je ne vous garde pas aujourd’hui mais le tribunal ne prendra pas une décision définitive, au terme de ce procès. Cependant à partir de maintenant, nous vous mettrons sous observation et nous nous retrouverons ici le 10 novembre 2022, pour voir si le message est vraiment bien passé. L’audience est levée.


Une chronique de Mory-Frey Touré


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