Lebanco.net: Comment va fonctionner l’électromobilité en Côte d’Ivoire ?
Le fonctionnement de l’électromobilité consistera à créer un Organe de coordination intersectorielle regroupant toutes les parties prenantes, afin de pérenniser l’introduction des véhicules électriques en Côte d’Ivoire. Cet Organe aura en charge de mettre en œuvre la stratégie nationale d’électromobilité à travers son plan d’action, sous forme de feuille de route. Il sera aussi mis en place un projet pilote composé d’une centaine de véhicules électriques et des infrastructures de recharge des véhicules électriques, afin de susciter l’adhésion des professionnels du transport, puis des autres segments de la population. Cette adhésion consistera à faire la démonstration de la faisabilité économique et financière du projet pilote.
De plus, la faisabilité environnementale sera étudiée en s’appuyant sur la révision du décret d’équipement électrique et électronique (D3E) de 2014, qui est basé sur la gestion écologique de tous déchets d’équipements électriques et électroniques.
Quels objectifs vise l’électrification du transport public en Côte d’Ivoire ?
L’électrification du transport public vise plusieurs objectifs, à savoir, atténuer les émissions de gaz à effet de serre en Côte d'Ivoire, réviser le cadre politique et institutionnel, former et renforcer les capacités des chauffeurs et mécaniciens, faire la démonstration de véhicules électriques, développer des schémas de financement et des modèles commerciaux, susciter l'engagement du secteur privé et mettre en place un système de gestion de l'environnement des déchets de batteries électriques.
Pensez-vous que toutes les conditions sont réunies pour accueillir ces véhicules dans le transport public ?
Non, toutes les conditions ne sont pas encore réunies. C’est pourquoi le gouvernement ivoirien veut mettre en œuvre les objectifs cités plus haut
La question de la disponibilité des bornes de rechargement est cruciale. Quelles sont les mesures qui ont été prises dans ce sens ?
Les mesures prises portent sur la mise en œuvre des dispositions suivantes : l’Iidentification et le choix des technologies existantes en matière d’infrastructures de recharge, le développement d’un plan d’aménagement des infrastructures, de recharge pour la mobilité électrique à Abidjan, l’Etude des effets sur le réseau de distribution et la capacité de production d’énergie électrique. Ainsi que l’élaboration d’un plan d'investissement pour l’installation des infrastructures de recharge de l'E-mobilité à Abidjan
Quelle est le degré de responsabilité du transport public dans la pollution de l’atmosphère en Côte d’Ivoire ?
Aucune étude n’a été menée sur ce sujet spécifique mais plutôt sur l’ensemble du parc automobile ivoirien. Il est apparu que ce parc a émis, en 2015, en moyenne 204 grammes de dioxyde de carbone (CO2) par kilomètre, alors que la valeur moyenne des émissions dans les pays où ces véhicules sont fabriqués, étaient de 95 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre pour la même période.
Pensez-vous que l’avènement des véhicules électriques pourra susciter une réduction notable des émissions de gaz à effet de serre ?
Oui, l’introduction des véhicules va permettre d’atténuer les émissions de dioxyde de carbone d’environ 83000 tonnes entre 2022 et 2036.
Il y a aussi la question du coût et de la disponibilité des véhicules électriques. Des dispositions sont-elles prises pour qu’ils soient accessibles à tous ?
Cette question est capitale car actuellement ces véhicules coûtent relativement chers. Mais avec le développement de la technologie dans le secteur et le dynamisme existant dans tous les pays, il est loisible de penser que ces prix vont progressivement diminuer au fil du temps.
L’électrification du transport signifie-t-elle la fin du pétrole en Côte d’Ivoire ?
Non, pas à moyen terme. Toutefois, certains pays européens et les Etats Unis annoncent qu’ils ne fabriqueront plus ces véhicules à hydrocarbure d’ici à 2050
Rencontrez-vous des obstacles dans l’élaboration de ce projet ?
Le principal obstacle porte sur le dynamisme actuel du secteur. En effet, le secteur privé est relativement en avance et souhaite la mise à disposition plus rapide des dispositions réglementaires et fiscales.
Interview réalisée par Diomandé Karamoko





