« La mutuelle est un outil de développement. Elle réunit toutes les forces vives du village. Aujourd’hui nous sommes en train de lever des fonds pour la construction d’un château d’eau », indique Emmanuel Kouassi, président de la mutuelle dénommée : « Action pour le développement de Kouadio-Sakassou (Adks) ». Cela pour expliquer le rôle que les mutuelles jouent dans le développement des localités ou des régions. Toutefois, avec l’avènement des Conseils régionaux depuis quelques années, qui se positionnent comme les principales entités du développement local, auxquelles sont venus s’ajouter récemment les Conseils de District, en plus des Mairies qui existaient depuis bien longtemps déjà, il est à se demander à quoi peuvent encore servir les mutuelles de développement ? Que représentent-elles véritablement aujourd’hui, face aux Conseils régionaux et aux Mairies, des démembrements de l’Etat, sensés jouer le même rôle ?
Elles financent leurs projets sur fonds propres
Les mutuelles de développements très dynamiques financent grand nombre de leurs projets sur fonds propre, sans l’aide de la Mairie ni du Conseil régional. C’est l’exemple de la mutuelle Actions pour le développement de Kouadio-Sakassou dans la région du Gbèkè au centre de la Côte d’Ivoire. « Chaque année nous nous retrouvons à Kouadio-Sakassou pour apporter une nette visibilité des besoins de notre village, en vue de booster son développement. Depuis le 15 avril 2017, date de notre investiture, nous nous sommes engagés résolument dans l’accomplissement de nombreux projets dont l’hydraulique villageoise, la réhabilitation de l’école primaire publique, la construction d’une cantine scolaire, le renforcement de l’éclairage publique », explique Emmanuel Kouassi, président de ladite mutuelle. Selon le président de l’Adks, les travaux de la cantine scolaire sont à 95% terminés. L’école a été réhabilitée. Les fonds ayant permis tout cela, ont été d’abord obtenus, à partir de cotisations spéciales des cadres du village. Puis celles de bonnes volontés, ainsi que des organisations non gouvernementales(Ong).
« Je remercie tous les frères et sœurs. Car lorsque nous avons un projet, tout le monde est déterminé à participer à la réalisation de ce projet. Jusque-là, nous n’avons pas encore sollicité le Conseil régional de Gbèkè », précisé Emmanuel Kouassi. Le village ne faisant pas partie d’une commune, il n’a pas non plus eu à solliciter l’aide de la Mairie pour les projets de développement.
Un autre exemple de dynamisme est la mutuelle des originaires de Krinjabo dans le sud-est qui existe depuis le 20 juillet 1966. « A part le goudron et le collège, tout ce que vous voyez à Krinjabo, c’est la mutuelle qui l’a réalisé », révèle Anoh Kadja, président de ladite mutuelle. Il s’agit entre autre de trois écoles primaires, du centre de santé, du château d’eau, du marché. La mutuelle a également œuvré pour avoir l’électricité et le téléphone. Outre les concours financiers des cadres qui la composent, la mutuelle de Krindjabo cherche actuellement, d’autres partenaires extérieurs pour financer les projets du développement du village. Tel que la cinquième école primaire faisant partie de ses projets immédiats. Pour Diomandé Abou, trésorier de la mutuelle de développement de Sokourala dans la région du Bafing, la première source de financement des projets sont les membres de la mutuelle.
Tous sont unanimes sur le rôle important que joue la mutuelle dans le développement du village. Selon Emmanuel Kouassi, la preuve est qu’avec les cotisations, ils ont pu mobiliser au moins quatre millions de Fcfa, en vue de la construction du château d’eau du village, dont le coût de réalisation s’élève à 7,5 millions. Sans la mutuelle, cela n’aurait pas été possible. Pour Anoh Kadja, pour qu’une région se développe, il faut se mettre en association. D’où l’importance des mutuelles de développement.
Diomandé Karamoko





