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Accident meurtrier de la route au Sénégal : Les mêmes causes produisent les mêmes effets

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Une quarantaine de morts ! C’est le bilan macabre d’une collision entre deux bus de transport de voyageurs, qui endeuille le Sénégal en ce début d’année 2023. L’accident est survenu le week-end dernier dans le département de Kaffrine, à quelque 250 kilomètres à l’Est de la capitale. Selon les premiers éléments de l’enquête, la tragédie est due à l’éclatement d’un pneu d’un bus qui a quitté sa trajectoire pour « heurter frontalement un autre bus venant en sens inverse ». Au regard de la lourdeur du bilan, on imagine la violence du choc qui a dû surprendre certaines victimes qui n’ont sans doute pas eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait, avant de passer de vie à trépas dans cet accident meurtrier qui s’est produit vers 3h30 du matin. En attendant de tirer toutes les conséquences, c’est une nouvelle tragédie qui vient, une fois de plus, rappeler la dangerosité de nos routes. Une situation qui interpelle d’autant plus au plus haut niveau qu’elle n’est pas forcément liée au destin mais découle aussi et en grande partie du comportement humain. En tous les cas, elle n’est pas nouvelle et les causes des accidents de la circulation sont bien connues.

C’est souvent quand survient le drame que les autorités semblent se réveiller

Elles ont généralement pour noms : excès de vitesse, surcharges, fatigue des chauffeurs, vétusté du parc automobile ne répondant pas aux normes et autres exigences de la visite technique, mauvais état des routes, et on en oublie. Cela est loin d’être l’apanage du Sénégal puisque, pas plus tard que la semaine dernière, un accident du même genre impliquant un car de transport de voyageurs et un convoi funèbre, a fait 90 victimes dont 14 morts à l’entrée de la capitale politique de la Côte d’Ivoire, Yamoussoukro. C’était le 5 janvier dernier. Quelques mois auparavant, en septembre 2022, 34 personnes dont 16 enfants, périssaient dans l’accident d’un camion de marchandises qui transportait aussi des passagers en République démocratique du Congo (RDC). Et Dieu seul sait combien d’autres accidents meurtriers du genre interviennent sur nos routes dans l’anonymat le plus total, sans que l’écho de la douleur de la perte d’un être cher ne dépasse le cercle restreint des familles des victimes. Malheureusement, c’est souvent quand survient le drame que les autorités semblent se réveiller pour donner de la voix, avant de retomber dans le train-train quotidien une fois l’émotion passée. C’est le cas au Sénégal où à l’appui du deuil national de trois jours, décrété par le président Macky Sall, un conseil ministériel d’urgence s’est tenu dans la foulée, le 9 janvier, autour du Premier ministre, pour « la prise de mesures fermes sur la sécurité routière et le transport public des voyageurs ». Il en est de même en Côte d’Ivoire où des mesures draconiennes dont la suspension des titres de transport, l’immobilisation des véhicules et des poursuites judiciaires contre les responsables de la société de transport impliquée dans l’accident, ont été prises par le gouvernement.

Il faut éviter d’ajouter inutilement de la douleur à la douleur

Mais, cela suffira-t-il à éviter la survenue de drames similaires sur nos routes ? Rien n’est moins sûr. Car, entre incivisme des conducteurs, cupidité de certains transporteurs et laxisme de l’Etat dans l’application stricte des règles de la circulation, les responsabilités sont sans doute partagées dans ces drames à répétition qui créent souvent l’émoi sur nos routes. Sans oublier la part de responsabilités de policiers corrompus dont la gloutonnerie et l’appât du gain facile l’emportent largement sur l’éthique de leur profession chargée de veiller sur la sécurité routière en refusant de fermer les yeux sur les manquements des usagers de la route. En tout état de cause, tant qu’il n’y aura pas une prise de conscience individuelle et collective sur la nécessité du respect strict des règles de la circulation routière, les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets. Autrement dit, les mêmes accidents parfois évitables, continueront de provoquer les mêmes tragédies. C’est dire s’il est temps de changer radicalement de paradigme pour n’accorder aucune circonstance atténuante aux manquements aux règles de sécurité routière. Cela nécessite non seulement l’implication de tous les acteurs du secteur des transports, mais aussi celle des autorités et des populations dans la lutte contre l’insécurité routière. Il y va de l’intérêt de tous, pour que la route ne tue plus autant dans nos pays déjà confrontés à de nombreux autres défis dont celui sécuritaire face à l’hydre terroriste qui endeuille déjà suffisamment de nombreuses familles. Il faut éviter d’ajouter inutilement de la douleur à la douleur.

« Le Pays »


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