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L’enquête du jeudi.Abattoir de Port-Bouet : L’insalubrité est toujours là, malgré la rénovation

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L'abattoir de Port-Bouet avait subi il y a quelques années, une cure de jouvence. Donnant par ce fait même l’impression, que l’insalubrité que la population y décriait sans cesse prendrait fin. Il n’en est rien en réalité. A ce jour, elle y a plutôt atteint une proportion inquiétante. A l’intérieur et aux alentours de l’infrastructure, le sol est partout jonché de détritus divers. Ce qui peut affecter gravement la qualité de la viande qui part de là, pour approvisionner les marchés d’Abidjan.

Ce lundi 12 juin, nous nous rendons à l’abattoir de Port-Bouet. Avant même d'atteindre le portail d’accès, le spectacle qui s'offre à nous est désolant. Tout au long de la clôture, il y a des ordures de tout genre et de la boue. Une odeur suffocante s’y dégage. A l’entrée, tout juste au portail, de l’eau usée stagne. A quelques mètres de là, toujours a proximité de la clôture, c’est le même constat. Des ordures ménagères composées de sachets plastiques, de restes d’aliments, des tas de paille avec laquelle les bêtes ont été transportées des localités du nord vers l’abattoir, traînent partout.

Quelques travaux ont été effectués pour tenter de changer la situation. Mais les ordures ont tout simplement été entassées par endroits, sans être ramassées. Par ces temps de pluies, elles peuvent finir dans les canalisations. Tout cela nous donne une nette idée de ce qui peut en être à l’intérieur.

Quand nous franchissons le portail, le décor n’est pas plus reluisant que ce qui se présentait à nous à l’extérieur. Le parc à bétail n’est pas propre pour tout dire. Il est difficile à un non habitué des lieux, de faire plus de deux mètres de marche dans ces tas de déchets. La salle de stabulation quant à elle ressemble à une porcherie sans entretien. Seuls quelques bœufs y sont maintenus dans une sorte de boue qui ne dit pas son nom. Inutile de souligner que ces bêtes qui y sont plongées sont exposées à toutes sortes de bestioles, susceptibles de les rendre malade, par leurs morsures et autres formes de contamination. Les commerçants de bétail quant à eux ne semblent pas se soucier de l’entretien des lieux. « Ce sont les déchets des bœufs et les herbes qu’ont leur apporte », lance tout simplement l’un d’entre eux. Comme pour dire qu’il est tout à fait normal que l’espace se présente de la sorte. Puisque ce sont des animaux. Ils font tout sur place. Ce qui importe plutôt chez ces vendeurs, c’est de faire de bonnes affaires, à quelques jours de la fête de la Tabaski.

D’un autre côté, il y a la salle d’abattage, l’espace boucherie, le marché de gros et l’espace gastronomique. Au niveau du marché, des ordures traînent à même le sol. Un peu plus au fond, c’est un espace servant à nettoyer les pattes et les têtes de bœufs et de moutons notamment, que nous trouvons en piteux état. Dans les couloirs qui séparent les différents compartiments de l’abattoir, trainent des ordures. Au niveau de l’espace gastronomique, seules quelques petites poubelles sont déposées. Mais il n’est tout de même pas rare de voir des ordures par terre.

La viande mal entretenue

La viande est mal entretenue par des bouchers et bien d’autres travailleurs de l’abattoir de Port-Bouet. En effet ce vendredi 16 juin 2023, un fait retient notre attention quand nous y passons à nouveau. C’est la fumée que nous apercevons tout juste à l’arrière de la clôture. Il s’agit d’un site de fumage des têtes et pattes et peaux des bêtes abattues au sein de l’abattoir. Ce travail est effectué sans le minimum de règle d’hygiène. Ces parties sont fumées sur des fours de fortune. Le nettoyage se fait à même le sol dans la boue. Ces têtes peaux et pattes ainsi fumées et nettoyées sont par la suite vendues sur place par les bouchers. L’autre constat choquant ce sont les conditions dans lesquelles la viande bovine surtout part de l’abattoir de Port-Bouet, vers les différents marchés d’Abidjan. Elle est transportée soit dans des brouettes, soit dans des tricycles, ou des taxis sans aucun soin et encore moins, de dispositions protectrices.

Les consommateurs en danger !

Innocent a l’habitude d’inviter des amis à manger de la viande boucanée à l’espace gastronomique du site. Si les installations y sont modernes, le .jeune homme déplore tout de même le manque d’entretien. « Il faut que les autorités municipales ou les responsables de l’abattoir, songent à bien assainir l’environnement. Il y a maintenant trop d’ordures », fait-il remarquer. Car l’endroit était beau à voir dès les premiers moments de sa réhabilitation. « Ce qui me gêne surtout en arrivant ici c’est l’odeur qui émane du côté du parc à bétail », explique cette restauratrice, qui fait toujours son approvisionnement à l’abattoir. Pour ce qui est de l’hygiène au niveau de la viande, elle confie qu’elle prend le temps de bien nettoyer avant la cuisson. « Qu’est ce qu’on peut faire ? On n’a pas le choix. Ce sont les autorités qui peuvent mettre de l’ordre et veiller à ce que les normes en matière d’hygiène soient respectées », indique Sindou B. Cet opérateur économique estime que l’Etat ne fait pas de suivi chaque fois qu’il met une infrastructure à la disposition de ses populations. Alors que cela devait se faire pour maintenir le lieu en bon état.

C’est toute la population abidjanaise qui consomme ces viandes de l’abattoir de Port-Bouet. Elle court donc un danger si les conditions d’hygiène n’y sont pas respectées.

Un abattoir qu’on voulait moderne

Il faut dire que l’abattoir de Port-Bouet était jadis dans un état de dégradation très avancée. Le traitement de la viande se faisait dans de mauvaises conditions. L’État a donc décidé de le réhabiliter en le rendant moderne, afin qu’il réponde aux normes internationales. Ainsi, entre 2013 et 2014 le district autonome d’Abidjan avec l’appui de structures privées, a pu offrir à la ville d’Abidjan, cet abattoir avec une salle d’abattage moderne toute équipée, une chambre froide pour conserver la viande, des camions frigorifiques pour le transport de la viande vers les marchés. Un espace boucherie, un marché de gros, un espace gastronomique ont été construits. Un parc de stabulation a été également aménagé, pour y faire reposer les bêtes et les nourrir convenablement avant l’abattage. Le parc à bétail avai été aussi réhabilité. Toutes ces réalisations ont coûté 18,041 milliards de FCFA.

Aujourd’hui, seule la salle d’abattage semble respecter les normes d’hygiène exigées. Car le vendredi 16 juin 2023, dans l’après midi, nous avons remarqué à notre arrivée que des employés étaient entrain de faire l’entretien du lieu. Et la salle ainsi que le matériel semblaient en bon état. Nous n’avons pas pu avoir accès à la chambre froide. Nous n’avons pas non plus aperçu les camions frigorifiques. Quant aux autres installations composantes de l’abattoir, elles manquent d’entretien et sont envahies par les ordures. La pluie de ce mercredi 21 juin 2023 a inondé une grande partie de l’espace gastronomique. Cela est certainement dû au manque d’entretien régulier du réseau d’assainissement, qui ne répond plus

Refus d’expliquer

Pour mieux comprendre les raisons exactes de cette situation, nous avons approché la direction de l’abattoir. Mais on nous a fait comprendre que c’est le district d’Abidjan qui a en charge la gestion. Nous devons donc nous adresser au district qui donnera l’autorisation de répondre à nos préoccupations. « C’est l’administration », nous a-t-on dit. Toujours relativement à l’insalubrité partout présente, nous avons estimé que les autorités municipales de Port-Bouet pourraient nous éclairer. Mais une fois de plus, nous avons eu affaire à cette même procédure administrative. La direction technique qui est sensée répondre à nos préoccupations nous a renvoyé vers le secrétariat général qui devra donner préalablement son accord. Au secrétariat général, l’on nous a demandé un courrier.

Toute cette démarche pour répondre à de simples questions relatives à l’entretien de cette infrastructure, Nous estimons qu’il s’agit tout simplement d’une façon très polie de refuser de répondre à nos préoccupations.

Pendant ce temps, cet abattoir qui est le seul dans le district d’Abidjan continue de se dégrader, par manque d’entretiens appropriés.

Diomandé Karamoko





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