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Côte d'Ivoire. Médias. Les journalistes séniors font revivre le grand photo-reporter Jacob Adjobi

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La famille Jocob Adjobi. A l’extrême gauche le porte-parole, Niamien Athanase suivi de l'épouse de notre confrère.

La journée du samedi 24 juin a été consacrée, à Bonoua, aux témoignages sur le célèbre reporter photographe de "Fraternité Matin", Jacob Adjobi. Le Cénacle des Journalistes séniors de Côte d'Ivoire, dont plusieurs membres sont d'anciens collègues de l'illustre disparu y a dépêché une délégation composée des Séniors Alfred Dan Moussa et son épouse, Jean-Baptiste Akrou et de Clovis Séwa, chef de délégation, représentant le président du Cénacle. Cette mission comprenait initialement le ministre Auguste Séverin Miremont, président du Haut Conseil du Cénacle mais un autre décès l'a contraint à se rendre au village. Par la voix du chef de délégation, ses sentiments de tristesse ainsi que ses mots de compassion ont été transmis à la famille éplorée.

Rusant avec les pluies interminables, le comité d’organisation a dû déplacer une partie de cette cérémonie d’hommage au domicile familial. En présence de la veuve, des enfants et de la famille élargie, le Cénacle a fait vivre Jacob Adjobi à travers des récits authentiques et poignants. Un éclairage saisissant sur toutes les dimensions de son fascinant parcours professionnel, sa posture constante d’ami ou de collègue attentionné et adepte de la vérité, puis son activisme en tant qu’agent de développement dans sa localité.

Des témoignages qui ont arraché rires et applaudissements

Au total six témoignages ont été entendus, certains suscitant rires et applaudissements. Celui de J. B. Akrou a présenté l’étendue de leurs relations de fraternité. Aussi bien l’épouse que les enfants lui sont en effet proches. Akrou a plongé l’assistance dans le contexte épique de la rédaction (sans internet) où le Chef du service Photo en mission en Côte d’Ivoire ou dans le monde, maîtrisait les circuits du transport par route ou par les airs pour acheminer ses précieuses pellicules au siège du journal. Avec fierté, Akrou retient au plan personnel, les méthodes héritées du grand frère Adjobi pour préparer sa retraite.

Regrettant de ne pouvoir être présent, Eugène Kacou a confié à J. B. Akrou trois récits à relater. Retenons du jour où Jacob Adjobi donna des "ordres" à Houphouët-Boigny. Ayant raté la descente d’avion du Président revenant d’un voyage, Adjobi l’a prié, avec respect de bien vouloir remonter dans l’avion puis d’en redescendre, afin de lui permettre de capter cette preuve de son retour au pays. Au grand dam du directeur du Protocole d’Etat, le Président s’est docilement conformé aux instructions de son audacieux reporter-photo.

Michel Kouamé (Nanan Djanfi), ancien D.G. de Frat Mat, hors du pays, tout aussi affligé, a confié son témoignage au Sénior Alfred Dan Moussa, ancien directeur du développement des rédactions du quotidien. De la fructueuse collaboration qu’ils ont entretenue, il se souvient qu’avec Jacob Adjobi, la relation de D.G. à employé avait cédé la place à une gestion partagée, tant l’homme avait une influence sur la production du journal. Ce type de professionnalisme et de responsabilité lui avaient valu bien des succès. Depuis l’efficacité à trouver la photo idéale jusqu’à l’angle des reportages, l’homme que l’on disait analphabète a été une lumière au sein de l’équipe, a-t-il globalement reconnu.

Il fut mon guide

Le Secrétaire exécutif du Cénacle a enfin donné lecture du témoignage de Geoffroy Désiré Baillet, ancien chef du service Sports de Fraternité Matin.

« Lorsque le DG Auguste Miremont décida de me muter du service Sports à celui de la page Politique de Fraternité Matin, j'y ai trouvé Michel Kouamé qui en était le chef, Eugénie Douayéré et feu Léon Lébry Léon Francis. Le groupe a ensuite enregistré un renfort de qualité en la personne d’Alfred Dan Moussa. Un service sur lequel M. Auguste Miremont avait les yeux tous les jours, parce qu'il couvrait les activités et actualités de la Présidence de la République, de l'Assemblée nationale, du Conseil économique et social. Nous travaillions avec tous les photographes mais la Présidence était l’affaire exclusive du Chef du Service Photo, Jacob Adjobi.

« Et il fut mon "guide". D'abord au Palais de la Présidence au Plateau puis à la Résidence du Président Houphouët-Boigny à Cocody où le chef de l'Etat accordait quelques audiences. C'est l’aîné, Jacob Adjobi qui m'a présenté aux dignitaires de ces deux prestigieux endroits où je me suis senti par la suite à l'aise grâce à ses conseils. Il me conseillait même sur les tenues vestimentaires selon les personnalités que le Président devait recevoir. Cette complicité m’a profité pendant cinq bonnes années. Merci a toi, Jacob pour ces enseignements de tous genres », a écrit Geoffroy Baillet.

En retour, les parents, exprimant sa reconnaissance, a soutenu que ces déclarations seront de précieuses archives dans le patrimoine de la famille.


Clovis Séwa


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