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Politique

Edito : Quand le bâtiment va... tout ne va pas

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Il y a exactement quatre semaines, nous disions à cette tribune que « ça va un peu au pays ». Pour illustrer le fait que non seulement il fait bon vivre en Côte d’Ivoire, mais surtout que les pauvres ne sont pas si pauvres.


Avec les opportunités qu’offrait le pays, à chaque citoyen, de se prendre en charge et d’avoir une vie décente avec un minimum de confort. Au-delà, à Abidjan et même partout à l’intérieur, il y a des puissances financières.


Des hommes économiquement forts, des « môgôfariman », comme le qualifie le langage ivoirien.


L’Ivoirien est-il devenu riche ? Surtout à l’observation de ces grandes résidences de luxe qui poussent comme des champignons et qui font la fierté des villes ? Que dire de ces grosses cylindrées qui, dès leur sortie de chez les constructeurs automobiles, peuvent être visibles, les jours qui suivent, sur les routes abidjanaises ?


En outre, les grandes marques (vêtements, chaussures, sacs, montres, lunettes...) nationales ou mondiales font partie du quotidien de ces citoyens. Il est clair que le niveau de vie d’une frange de la population est au standard des pays développés. Et on ne peut s’en plaindre, dès lors qu’ils ont travaillé crânement pour atteindre cette aisance financière.


D’ailleurs, cela est source de motivation pour les couches sociales inférieures, voire source d’émulation pour leurs « semblables ». Comme quoi, l’on ne peut empêcher celui qui a retroussé ses manches pour réussir de jouir de sa richesse.


Par ailleurs, celui qui ne se sent pas financièrement capable pourrait, de ce fait, se passer des objets onéreux ou d’un certain train de vie à grande vitesse. Certaines langues parleraient de dépenses de plaisir. Passons.


Allons plutôt dans le quotidien de la majorité des Ivoiriens. Jetons par exemple un regard sur le secteur de l’immobilier. Les prix ont pris l’ascenseur.


Dans le quartier des Remblais, Marcory et Koumassi, le loyer d’une trois pièces, un salon et deux chambres, est de 260 000 F Cfa actuellement.


Pour les premiers habitants de ce quartier, c’est un montant qui donne le vertige. Il y a seulement quelques années, en effet, les constructions de ce type étaient à 100 000 puis 120 000 FCfa contre 50 000 FCfa à l’origine.


A Cocody et même maintenant à Yopougon, avoir une trois pièces à moins de 200 000 FCfa relève du passé. On peut multiplier ces exemples dans plusieurs quartiers et villes du pays. Le boom immobilier pèse comme du béton dans le budget familial de l’Ivoirien.


Mais, le constat est qu’il y a une forte demande autour de ces maisons. Tirant les prix vers le haut. Au grand désarroi des locataires. Le gros problème, c’est le rapport qualité-prix.


Intéressons-nous d’abord aux locaux (pièces). Les superficies proposées pour les salles de séjour sont justes utiles pour contenir à peine un salon classique de cinq bonnes places. Pas plus. Pour la table à manger, il faut se contenter du guéridon. Allons dans les chambres.


La principale est conçue pour un lit de deux places. Quelquefois, sans placard. Et impossible de disposer d’une table pour un quelconque besoin (poste téléviseur, coiffeuse, documents...). C’est à peine si les 9 mètres carrés règlementaires sont respectés.


Quand on regarde ensuite les espaces de vie, c’est la catastrophe presque. C’est à croire que les constructeurs se soucient peu du bien-être des locataires. Certains opérateurs immobiliers livrent des appartements sans balcon.


Quand d’autres, pour la forme, aménagent de quoi ne contenir que deux chaises. Pas de buanderie, pas d’espace de séchage de linge. Il faut se rendre sur le toit de l’immeuble. Endroit déjà fortement occupé par les antennes paraboliques. Dans la cour ? S’il en existe, il est à souhaiter que les enfants soient à l’école.


Sinon, entre course de vélo et maracana, le linge sale risque de ne pas être lavé en famille. En outre, il appartient à chaque habitant de surveiller sa lessive contre le vol. Pour la salle d’eau, il faut avoir une petite corpulence pour ne pas étouffer dans l’espace. Enfin, les terrains sont exploités sans prévision de parking.


Le gouvernement a réussi à imposer la limitation du nombre de mois de caution et d’avance à quatre. Soit deux mois d’avance et deux mois de caution. La décision est généralement appliquée. Chacun en a compris la portée. Il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin.


L’État doit poursuivre ses actions. Il s’agit de mettre un peu d’ordre dans le respect des espaces de vie. Le contrôle ne doit pas se limiter à l’observation des pièces administratives, telles que l’Autorisation de concession définitive (Acd) et le permis de construire.


En plus du respect de l’occupation du terrain, le contrôle des locaux est tout aussi important. L’Ivoirien a le droit de vivre dans un cadre moins stressant. A cela s’ajoute l’observation de l’inflation vertigineuse constatée dans l’immobilier. La fixation du loyer est libre, c’est vrai.


Toutefois, l’autorité ne peut laisser les populations subir cette forme de mise en location aux enchères. Un encadrement des prix est nécessaire.


Tout comme cela a été observé dans l’agrobusiness ou récemment dans les offres de service de transport par appel à l’épargne, l’État doit être beaucoup regardant sur l’évolution vertigineuse des loyers de location.


L’enjeu est de taille. Il est question de bâtir un environnement du secteur de l’immobilier sain, mais dont la coulée de béton n’emporte pas les populations.

Adama KONE





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