« Ici c’est le centre de composition Selodesir d’Abobo PK18. Il y avait 723 candidats, 9 absents à l’écrit et 78 admis. En tenant compte des 723 du départ, il y a eu 10,78% d’admis. C’est un peu loin du taux national qui est de 32,09% », déclare Dr Koffi, Enseignent chercheur, vice-président du jury dudit centre. Le constat est que depuis deux ans, (30,78% en 2022) ce résultat a du mal à atteindre les 50% de réussite. Nous avons cherché à en connaitre les causes, auprès de certains enseignants.
Dix ans pour faire mieux
Rencontré devant l’école au sein de laquelle il est enseignant de Mathématique, Kouamé B. Roger estime que « c’est le niveau actuel de nos élèves. A un moment donné, le système éducatif était plongé dans l’obscurité. C’est maintenant que nous sommes en train de faire de sorte qu’il revienne à la lumière », confie-t-il. Il poursuit : « il nous faudra au moins 10 ans pour retrouver notre meilleur niveau. Il y a aussi que certains élèves croient qu’ils auront la possibilité de tricher. Du coup, ils tombent des nus lorsqu’ils réalisent que ce n’est pas possible. La suite est imaginable pour ceux-là ».
De son côté, Christian Z, enseignant de Science physique se veut réaliste. « Ce faible taux de réussite est normal, lance-t-il. Nous avons longtemps été dans une logique de passage en classe supérieure sans mettre un point d’honneur sur l’évaluation. La conséquence en est que certains élèves se retrouvent en classe de 3è, 2nde, 1ère et même en terminale sans en avoir le niveau. Un autre point à ne pas ignorer est le fait que le niveau de contrôle pendant les examens, est monté d’un cran. Tous les élèves qui comptaient sur la tricherie sont d’office hors-course », estime notre interlocuteur.
« L’école ivoirienne est en train de faire sa mue », affirme Léopold L. « Il y a de nombreuses raisons que chacun de nous sait plus ou moins, qui explique cette baisse du taux de réussite au Bac. Mais pour moi, mieux vaut avoir un faible taux de réussite à cet examen, avec des élèves dignes de confiance que d’avoir un taux de réussite élevé, mais composé d’élèves non compétitifs », soutient-il. Puis à l’endroit de Mariatou Koné, il déclare : « merci à la ministre de l’éducation nationale. D’ici quelques années, l’école ivoirienne va retrouver ses lettres de noblesse ».
Le système éducatif en cause
Enseignant dans un collège, Anderson Konan pointe du doigt le système éducatif appliqué. Selon lui « l’approche par compétence (APC) n’est pas pour le moment adaptée à la Côte d’ivoire ». Pour la simple raison que les conditions ne sont pas réunies. Par exemple, précise-t-il, selon l’APC, « les salles de classes ne doivent pas être surpeuplées. L’évaluation se fait très souvent sous la forme de question à choix multiple. Ce type d’évaluation exige que les élèves en nombre réduit dans les salles de classes aient été bien encadrés préalablement ». Mais dites-moi, reprend-il, « peut-on apporter un encadrement adéquat dans des classes de terminale où il y a en moyenne 100 élèves, quelques fois assis à trois par table-banc ? Cela est Impossible », affirme Anderson Konan.
« Si je vous dis que la mise en avant des droits des élèves, est l’une des raisons de ce faible taux de réussite. Vous me demanderez certainement quel est le rapport ? », nous dit Abdoulaye D. Il explique que, « certains élèves ont totalement perdu de vue l’objectif de leur présence à l’école, celui d’apprendre. Ces derniers se concentrent sur leurs droits. Ils savent que l’enseignant ne peut pas sanctionner un élève qui passe son temps à dormir en classe. Ils savent également qu’un enseignant ne peut pas refuser l’accès à la salle de classe à un élève qui vient après les 15min pédagogiques de retard. Et la liste n’est pas exhaustive. Dans ces conditions quel résultat attend-on ? » s’interroge-t-il avec regret.
Visiblement, le système éducatif fait l’objet de beaucoup de critiques. Heureusement, se réjouissent certains enseignants, que les efforts qui sont faits par l’actuel ministre, en vue de relever le niveau de l’école ivoirienne sont en train de payer.
Trésor Doudou






Publié le :
25 juillet 2023Par:
Forestier de Lahou