Ful paye cash le prix de l’ingratitude et de la violence qu’il a manifestés contre sa sœur aînée. Natif de Botro, localité du Grand Centre ivoirien située à 35, 5 km de Bouaké et à 316 km d’Abidjan, Ful est recueilli par sa sœur qui se trouve à Bonoua, ville située dans la région du Sud-Comoé. Pendant que les jeunes de son âge se battent quotidiennement pour vivre décemment ou pour subsister à la sueur de leurs fronts, Ful donne l’impression qu’il n’est pas prêt à faire comme eux. Dès son arrivée à Bonoua, sa sœur aînée met tout en œuvre, pour lui trouver un boulot, duquel il tire la pitance quotidienne. Malheureusement, cette dernière se rendra compte très rapidement, que son jeune frère n’a pas vraiment le cœur à la tâche. En plus, leurs rapports, qui devaient être marqués du sceau de la fraternité vraie et de la tolérance réciproque, deviendront difficiles et même exécrables. Par la faute du frangin venu de la terre natale.
Ful qui devait profiter de la bienveillance et des largesses de sa sœur aînée, pour se faire une place au soleil, découche par moments et entretient en plus, des relations douteuses avec des copains et coquins dont l’éducation civique et morale laisse à désirer. En dépit des rappels à l’ordre que lui lance par moments son aînée et tutrice légale, l’homme n’est pas près de soigner son comportement. Il n’abandonne pas les mauvaises fréquentations qu’on lui reproche.
Excédée un jour du mois de juin 2023, la grande sœur menace de renvoyer le frangin au patelin. Le temps de le rééduquer moralement. C’est ce qu’il ne fallait pas oser dire. Le ton monte de plus en plus. Ful pique une colère noire. S’en suivra, une chaude dispute qui dégénère en bagarre entre d’un côté, le furieux frangin et de l’autre, la frangine soutenue par une sœur plus jeune. La sœur aînée s’en sort avec des blessures graves, qui entraîneront une Incapacité temporaire de travail (ITT) de plusieurs jours.
Et ce qui ne devait pas arriver entre une sœur et son jeune frère, arriva : dans les minutes qui suivirent cette bagarre fratricide, une plainte est déposée à la Police contre Ful. Après l’interrogatoire auquel il sera soumis, il est mis sous mandat de dépôt, à la prison civile de Grand-Bassam.
Le jeudi 13 juillet 2023, Ful comparaît à l’audience du Tribunal correctionnel de Grand-Bassam, pour répondre des faits qui lui sont reprochés : coups et blessures ayant entraîné une Incapacité temporaire de travail et menaces de mort. C’est une jeune dame éclopée, blessée dans son âme et dans son corps, qui s’est soumise aux questions du président du Tribunal et du procureur de la République.
La victime et plaignante manque de mots, pour raconter ce qu’elle a vécu de cette scène de violence : « …Vraiment, je ne sais pas ce que j’ai fait de grave, pour mériter cette violence dont j’ai été l’objet de la part de mon jeune frère. Je te fais venir du village pour t’aider à gagner ta vie. Je te rappelle à l’ordre parce que tu te conduis mal. Je te donne les conseils qu’une aînée doit donner à son jeune frère… Tu te fâches et tu me bats. Au point de marquer des blessures graves sur mon corps.
« Mon jeune frère ne s’est pas arrêté là : même après avoir été mis aux arrêts par les forces de l’ordre, il nous a menacées de mort, ma jeune sœur et moi. Je ne sais vraiment pas ce qu’il a consommé comme drogue ce jour-là. M. le Président, cet homme est devenu dangereux. Il faut l’isoler pour longtemps. »
Sans faux-fuyants, le prévenu a reconnu les faits qui lui sont reprochés, avant de demander pardon pour avoir soigneusement maltraité sa sœur. IL en appellera ensuite à la clémence du Tribunal.
Ce qui aura facilité la tâche au procureur de la République, qui a requis contre lui, une peine d’emprisonnement de 36 mois et une amende de 100 000 francs. Après en avoir délibéré, le Tribunal a condamné Ful à 24 mois de prison ferme et une amende de 100 000 francs. Un temps largement suffisant, pour le ramener à de meilleurs sentiments humains et fraternels.
Une chronique de Mory-Frey Touré





