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Politique

Ondo Ossa candidat d’Alternance 2023 : Le PDG pris au piège du bulletin unique

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Malgré les ajustements apportés au corpus juridique, la plate-forme de l’opposition a réussi à désigner un candidat consensuel, se payant ainsi le luxe de retirer ses candidats aux législatives. Du coup, des actes attentatoires aux libertés et aux principes démocratiques s’additionnent.


L’élection n’a pas encore eu lieu, mais des doutes se font jour. L’heure du bilan n’a pas encore sonné, mais les certitudes s’envolent. Malgré les ajustements apportés au corpus juridique, le Parti démocratique gabonais (PDG) semble de moins en moins serein. Ni le retour au scrutin à un tour ni l’absorption de la présidentielle par les législatives n’ont produit l’effet escompté. À l’opposé des certitudes de certains, Alternance 2023 a réussi à désigner un candidat consensuel, se payant le luxe de retirer ses candidats aux législatives. Derrière les fanfaronnades de certains zélateurs se cachent désormais des craintes. Ali Bongo peut-il l’emporter «cash» au soir du 26 août prochain ? L’Assemblée nationale peut-elle demeurer cette chambre introuvable dominée par le PDG ? À l’une et l’autre de ces questions, on peut difficilement répondre par l’affirmative. Bien au contraire. Pour le PDG, un naufrage collectif relève désormais du possible.

Effets pervers

Censé empêcher le regroupement de l’opposition, le piège du «bulletin unique» semble se refermer sur ses concepteurs. Ayant lié leurs sorts, Ali Bongo et les 143 candidats PDG à la députation sont condamnés à perdre ou à gagner ensemble. Or, lors des deux dernières élections, le président sortant l’avait emporté de justesse, dans des conditions controversées. Face à André Mba Obame ou à Jean Ping, et au-delà de la polémique sur les chiffres, seules les provinces du Haut-Ogooué, de l’Ogooué-Lolo et de l’Ogooué-Ivindo lui avaient majoritairement fait confiance. Si la configuration avait été celle d’aujourd’hui, il aurait alors été assuré de l’élection d’environ 47 députés sur 143. Et encore, cette extrapolation ne tient pas compte de la présence d’indépendants ou de postulants à la députation affiliés aux partis de la majorité, notamment l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (Udis) et le Centre des libéraux réformateurs (CLR). Le «bulletin unique» se soldera-t-il par une défaite du PDG aux législatives ? Rien n’est à exclure.

Si les effets pervers du «bulletin unique» commencent à sourdre, ses concepteurs semblent s’être fourvoyés sur toute la ligne : non seulement un candidat consensuel a été désigné, mais en plus, Alternance 2023 a coupé le lien entre la présidentielle et les législatives. Du coup, la plate-forme de l’opposition peut inviter l’électorat à se concentrer sur l’élection du président de la République, présentée comme «l’unique enjeu de ce scrutin». Déjà, la forte mobilisation observée lors du meeting de dimanche dernier à Libreville laisse croire à une adhésion populaire. Mieux, l’accueil réservé à Albert Ondo Ossa à Tchibanga, Mouila et Lambaréné semble annoncer une cristallisation des passions autour de la présidentielle. Au-delà, les tracasseries infligées à son équipe augurent d’un raidissement des positions voire d’un duel au sommet.

Une fausse bonne idée

Depuis trois jours, le pouvoir donne effectivement des signes de fébrilité : des extraits d’une conversation supposée entre Alexandre Barro Chambrier et Albert Ondo Ossa ont été diffusés au 20 h de Gabon Première, c’est-à-dire en prime time sur une télévision de service public ; l’avion affrété par Alternance 2023 a été détourné de Mouila pour Libreville au lieu de Lambaréné ; les autorisations de décollage ont été refusées à son équipage, obligeant le candidat consensuel à faire l’impasse des étapes de Franceville, Moanda et Koula-Moutou. Par l’addition de ces actes attentatoires aux libertés et aux principes démocratiques, le pouvoir crédibilise involontairement la candidature d’Albert Ondo Ossa, ruinant sa propre stratégie tout en épousant celle de son adversaire. Sans s’en rendre, le PDG fait passer les législatives pour secondaires, voire anecdotiques, annihilant les effets du «bulletin unique», devenu cette potentielle «balle unique qui tuera Ali Bongo», selon la formule de notre confrère Télesphore Obame Ngomo.

En 2009 comme en 2016, la présidentielle vira en un duel singulier. Celle de samedi prochain aurait dû être différente, la présidentielle ayant été subrepticement noyée dans les législatives. S’il se voulait fidèle à sa logique de départ, le pouvoir aurait dû mettre le paquet pour l’élection des députés. En conséquence, il se serait gardé de harceler Albert Ondo Ossa. Autrement dit, il l’aurait laissé dérouler son programme de campagne tout en exhortant ses candidats à la députation à redoubler d’ardeur au travail. Or, il fait exactement le contraire, comme s’il était parvenu au constat que le «bulletin unique» est finalement une fausse bonne idée. Et si Alternance 2023 l’avait pris à son propre piège ? Voire…

Roxanne Bouenguidi


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