Nous y sommes effectivement depuis hier vendredi. L’opération de séduction des électeurs, conduite par les différents candidats à ces municipales et régionales, désignée sous l’appellation bien connue de campagne électorale est lancée. Une pêche aux voix, qui s’étendra sur une semaine, au cours de laquelle l’on entendra tout .Exercice mal aisé pour certains qui s’y adonnent pour la première fois. Répétition pour les autres, qui l’ont une fois ou plus, déjà réussie ou expérimentée. Dans un cas comme dans l’autre, une certitude se dégage : c’est qu’aucune campagne électorale n’est pareille à une autre déjà vécue. Autant dire que les réalités du terrain sont en constante mutation, avec les années qui passent. En effet, c’est tous les cinq ans, que l’évènement, si l’on peut l’appeler ainsi revient, avec toujours le même objectif à atteindre. Celui de convaincre le plus grand nombre d’électeurs à choisir la liste, dont on est porteur. Et partant, le programme de réalisations socioéconomiques qu’on défend ou qu’on préconise au profit des populations, à l’échelle communale et régionale.
Et c’est à ce stade que se distingue la nature de tous les discours tenus. Des plus réalistes, sincères aux plus flagorneurs, dénués de toute sincérité. Le constat que nous en faisons aujourd’hui, pour avoir pendant des années, observé les candidats à l’œuvre, est que les propos tenus, sont de plus en plus fonction des publics, ou populations rencontrées. Ce qui est tout simplement intelligent. Par ce que, relevant en réalité d’une pure astuce portant à convaincre les différentes catégories d’électeurs, en fonction de leurs particularités sociologiques notamment, que l’on est bien au fait de leurs préoccupations majeures. C’est bien là, une méthode qui marche toujours. Par ce qu’elle ne manque pas de produire de l’effet sur des consciences. Mais combien de ces programmes de réalisations économiques et sociales, commentés avec autant de verve et d’assurance, connaissent dans les faits, une exécution parfaite ou simplement totale ? L’évaluation de terrain permettant de répondre à cette question n’est malheureusement pas faite comme tel, par les populations. En revanche, chacun part de sa propre constatation autour de lui, de l’état de ses rapports avec le maire ou le président du conseil régional, voire des humeurs que ces derniers affichent au quotidien, pour se prononcer sur leur bilan. Ici, le social que l’on voudrait des plus hardis, se tient toujours comme le premier facteur de référence, nécessaire à porter le jugement. Cela est beaucoup plus vrai pour l’évaluation des mandats municipaux, avec lesquels, la démocratie de proximité prend tout son sens. Toujours assortie du maximum d’initiatives et d’actions sociales, menées en direction des populations. 30 419 candidats prendront part aux élections municipales et 5 247 aux régionales, cette année. Et ce, pour plus de 8 millions d’électeurs. En réalité chacun ira de sa méthode de persuasion, créant sa propre ambiance festive et entrainante, avec des cortèges toujours bruyants pour attirer l’attention. Alternant meetings et portes à portes, distribuant à tour de bras, teeshirts, affiches de différents formats…. notamment pour ceux qui disposent de plus de moyens. Pendant que les moins nantis dit-on, se focaliseront sur la méthode du porte à porte ou de la proximité. Laquelle semble beaucoup moins exigeante financièrement. La Côte d’Ivoire vivra ainsi jusqu’au soir du 31 août à minuit, une période d’intenses animations. Qu’il faut souhaiter respectueuse des sensations, des opinions et des différences, avec une ferme volonté partagée, de protéger ce qu’il y a de plus chère : la paix. Puisse-t-il en être ainsi, grâce à l’implication de chacun, quel que soit le niveau social auquel il se situe.
Moussa Ben Touré





