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Au Tribunal. Excédée, la cliente prévient le menuisier : « Mon argent ou j’appelle la Police »

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Le sieur Manou, 27 ans révolus, menuisier de son état et dame Matou résident tous les deux à Grand-Bassam. Le 2 octobre 2003, Matou se rend dans l’atelier de Manou, pour commander deux meubles : un placard et une coiffeuse à son goût. Au terme d’un bref marchandage entre l’ouvrier et sa cliente, les prix des deux meubles sont fixés à 200 000 francs CFA. Matou ne trouve rien à redire. Dans l’espoir que Manou lui livrera les meubles dans le délai fixé de commun accord, elle avance la somme de 160 000 francs.

Premier couac : au jour fixé pour leur livraison, point de meubles. Matou ne s’inquiète pas pour autant : « Si mes meubles ne sont pas livrés aujourd’hui, je peux attendre encore un ou deux jours. Et même une semaine. Pourquoi pas ? », se dit-elle. Comme pour garder la confiance qu’elle fait à Manou.

Malheureusement, Matou attendra des jours et des jours… en vain. Un matin, elle décide d’aller à la rencontre du menuisier, pour en savoir sur les raisons de cette déconvenue. Arrivée dans l’atelier de Manou, ce dernier lui montre un tas de contreplaqués et autres bois taillés et stockés dans un coin de la menuiserie. « C’est quoi ça ? », interroge la cliente. « Ce sont les meubles que tu as commandés : la coiffeuse et le placard. Le travail est presque terminé. Il reste les finitions et… »

Les propos débités par le menuisier ne rassurent pas la cliente. Matou met la pression, pour que les meubles lui soient livrés au plus tard dans une semaine. Deuxième couac : à l’expiration de ce deuxième délai, Matou ne voit rien venir : ni Manou ni placard ni coiffeuse. Il n’en fallait pas plus, pour que Matou tire elle-même, la conclusion suivante : « J’ai affaire à un roublard, qui mérite une sévère correction. »

A partir de cet instant, les choses s’accélèrent. Matou excédée, exige que le menuisier rembourse la somme de 160 000 francs qu’il a encaissée, au titre de l’avance pour la fabrication des deux meubles : « Mon argent ou je t’envoie à la Police » Ici également, Manou ne dira rien de bon, qui puisse lui éviter une arrestation policière. Le 16 janvier 2024, sur plainte de la cliente, des éléments de la police se rendent dans l’atelier du menuisier. L’homme est appréhendé, menotté et « gardé au violon ». Le temps de l’enquête préliminaire, qui décidera de son sort.

Le 18 janvier 2024, Manou comparaît à l’audience du Tribunal correctionnel de Grand-Bassam, pour répondre du « délit d’abus de confiance, portant sur la somme de 160 000 francs, courant novembre 2023. »

Appelé à la barre, le prévenu déclame la même litanie déjà entendue par sa victime : « M. le président du Tribunal, j’avais presque terminé le travail. Restait seulement les finitions, avant la livraison des meubles à ma cliente… Mais elle était pressée. Elle a menacé de porter plainte contre moi. J’ai promis de rembourser son argent, au retour de mon patron, qui était parti à des funérailles. Je lui ai demandé pardon mais voilà que le 16 janvier, la Police est venue m’arrêter sur mon lieu de travail. »

Matou la victime : « M. le Président, avant d’en arriver-là, je l’ai prévenu. Il a toujours cherché à me distraire par des propos lénifiants. J’en avais assez. N’ayant pu entrer en possession de mon argent, j’ai déposé une plainte à la Police.»

Le président du Tribunal au prévenu : « Si tu avais vraiment exécuté le travail qu’elle t’a demandé, est-ce que tu serais là où tu es actuellement ? ». A cette question du Juge, le prévenu a répondu par un silence éloquent.

Le procureur de la République : « M. le Président, les faits d’abus de confiance sont bel et bien établis. Sur 200 000 francs, le prévenu a encaissé la somme de 160 000 francs, pour un travail qu’il n’a pas exécuté… »

En dépit de la promesse du patron de l’ouvrier, qui s’est engagé à rembourser la somme détournée, le Tribunal a rendu sa décision. Manou a été condamné à 6 mois de prison et 100 000 francs d’amende. En outre, il devra payer à la victime qui s’est constituée partie civile, la somme de 160 000 francs comme dommages et intérêts.


Une chronique de Mory-Frey Touré.


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