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Côte d'Ivoire- Quand la foi rencontre l’agriculture : le parcours inspirant du Père Barnabé Bakary

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Depuis 2010, le Père Barnabé Bakary, prêtre et ingénieur agronome, combine son ministère religieux avec une passion pour l’agriculture durable. À travers ses initiatives en Côte d’Ivoire, il prouve que la foi et l’innovation peuvent transformer les défis environnementaux en opportunités pour les communautés locales.


Le mercredi 4 septembre 2024, le soleil joue à cache-cache derrière les nuages, éclairant les vastes étendues de la Société agro-piscicole de la Mé, située à Adzopé, à environ 105 km d’Abidjan. Au cœur de ce paysage verdoyant, le Père Barnabé Bakary se distingue par sa présence inspirante. Vêtu d’une chemise à manches courtes et d’un pantalon sombre, il observe avec fierté le résultat de son travail acharné.


Là où autrefois s’étendait un sol argileux, maintenant, des femmes travaillent dans un périmètre maraîcher florissant. Grâce à l’utilisation de compost naturel, le Père Bakary a transformé cette terre autrefois improductive en un modèle d’agriculture durable.


« Je prêche l’Evangile à travers l’agriculture durable »


Depuis ses débuts, le Père Barnabé a choisi une voie atypique pour un prêtre. L’agriculture. Après des études en agronomie en France et à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) à Abidjan, il a expérimenté les effets dévastateurs des pratiques agricoles industrielles. Déterminé à ne pas reproduire ces erreurs en Côte d’Ivoire, il a adopté des méthodes respectueuses de l’environnement, notamment l’utilisation de compost naturel.


« Je prêche l’Evangile à travers l’agriculture durable. C’est ma manière d’évangéliser, d’aider à trouver des solutions durables pour les populations », a-t-il expliqué. Malgré les réticences initiales de certains membres de l’église, il a persévéré et a réussi à convaincre ses pairs de l’importance de l’agriculture pour l’autonomie financière de l’église. Aujourd’hui, quatre autres prêtres lui ont emboîté le pas.


Le compost naturel, une révolution écologique


Formé en France, où il a constaté les ravages des pratiques agricoles non durables, le Père Bakary a décidé d’appliquer des techniques basées sur le compost naturel en Côte d’Ivoire. Ce compost, composé de résidus organiques, de feuilles mortes et de déchets biodégradables, enrichit le sol et favorise une agriculture respectueuse de l’environnement.


Son projet a commencé par la transformation de terres marécageuses en exploitations agricoles prospères. « J’apprends aux gens à se soigner de manière durable, à bien s’alimenter, et à protéger leur environnement », explique-t-il. Le compost, selon lui, est une alternative précieuse aux engrais chimiques, surtout en période de crise économique.


Une transmission de savoir au service des communautés


Au cœur de sa mission, le Père Bakary forme des coopératives de femmes, des jeunes et des techniciens agricoles à des pratiques durables. En période de crise, comme la montée des prix des engrais chimiques, il considère le compost comme une solution essentielle. « Les légumes produits avec le compost se conservent mieux et ont une durée de vie plus longue que ceux cultivés avec des engrais minéraux », souligne-t-il.


Pour lui, nourrir le corps et l’âme sont des aspects indissociables de son ministère. « Quand Jésus dit « donnez-leur vous-mêmes à manger », je viens apprendre aux gens à pêcher, à trouver la nourriture », dit-il, en faisant référence aux écritures pour illustrer sa démarche.


Un parcours exemplaire


Originaire de Boniérédougou dans le département de Dabakala, le Père Barnabé Bakary a suivi un parcours académique et spirituel remarquable. Après avoir étudié au séminaire de Katiola et au lycée catholique de Dabou, il obtient un DEUG en philosophie avant de poursuivre ses études en agronomie en France. De retour en Côte d’Ivoire, il poursuit ses études théologiques tout en travaillant comme directeur d’un centre de formation agrobiologique.


En 2010, sa mission temporaire à la SAP de la Mé se transforme en un engagement durable. Aujourd’hui, il constate avec satisfaction que ses pratiques se répandent et espère continuer à contribuer au développement durable de ses communautés. « Depuis tout petit, j’ai toujours dit que le jour où je serai prêtre, ce ne serait pas dans une paroisse. J’ai réalisé mon rêve », a-t-il conclut, avec l’espoir de poursuivre longtemps sa mission.


Marina Kouakou


(Source Influencemag.ci)




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