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Politique

La tripartite RDC-Rwanda-Angola annulée: Comme on pouvait s’y attendre

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Après deux ans de tractations laborieuses sous l’égide de l’Union africaine (UA) et chapeautées par son mandataire, le président angolais, Joao Lourenço, on pensait que tous les obstacles étaient levés afin de permettre au Rwandais Paul Kagamé et au Congolais Félix Tshisekedi de parapher, ce 15 décembre, le protocole d’accord de paix censé ramener la quiétude dans la partie orientale de la République démocratique du Congo (RDC). On avait espéré qu’au terme de ce marathon de plusieurs pourparlers ponctués d’accusations mutuelles entre les protagonistes, un accord a minima allait être conclu à Luanda pour changer la donne dans cette partie dévastée de la RDC qui est adossée au Rwanda. Dans le cadre du compromis recherché par les deux pays en conflit et par le médiateur angolais, il était prévu, en effet, que le Rwanda retire ses milliers de soldats de l’Est de la RDC, et que Kinshasa désactive simultanément les forces négatives des FDLR qui écument depuis la fin du génocide rwandais, le Nord et le Sud Kivu qui lui servent de tête de pont ou de pont arrière pour déstabiliser le régime de Paul Kagamé. Dans le même temps, les rebelles du M23 soutenus à bout de bras par le Rwanda dans sa guerre contre l’armée congolaise, devaient, suivant le vœu du président Félix Tshisekedi, être cantonnés et désarmés pour lui ôter sa capacité de nuisance. Hélas !

Le désarmement de gré ou de force du M23

La route vers une paix durable dans l’Est de la RDC, est apparemment encore longue, c’est, du moins, ce que révèle le boycott in extremis de la rencontre de Luanda par Paul Kagamé. Pour dire vrai, le faux bond de l’homme fort de Kigali n’est pas véritablement une surprise, d’autant qu’on en a eu les prémices dès le 14 décembre, avec l’arrivée sans enthousiasme, de la délégation ministérielle rwandaise dans la capitale angolaise, pour des échanges préparatoires avant la tripartite prévue pour le lendemain dimanche. Cette absence est, quoiqu’on dise, un cinglant revers pour la diplomatie angolaise, contrainte de réduire le sommet de tous les espoirs en une simple rencontre bilatérale entre Tshisekedi et Lourenço, qui ne servira quasiment à rien dans l’esquisse de solution à la situation bordélique et déjà explosive qui prévaut dans les provinces densément peuplées du Kivu, épicentres de la crise sécuritaire et humanitaire que vit la RDC depuis plusieurs années. L’argument tout trouvé par le président rwandais pour ne pas se rendre à Luanda, est le refus par Félix Tshisekedi, d’engager des négociations directes avec les rebelles du M23 que les autorités congolaises veulent pourtant voir traqués et démantelés, parce qu’elles les considèrent comme un groupe terroriste. On savait qu’une telle exigence de la part du Rwanda, n’allait pas être compatible avec le désarmement de gré ou de force du M23 préconisé par Kinshasa, mais on était loin d’imaginer qu’après tant d’années de combats et d’accords de cessez-le-feu rompus, l’un des protagonistes allait refuser l’ouverture d’une fenêtre d’opportunité pour le retour définitif à la paix dans cette partie troublée des Grands Lacs.

Il faut reconnaitre au président Joao Lourenço, le mérite d’avoir essayé

Maintenant que …le mal est fait, on peut dire que l’on est malheureusement bien reparti pour l’intensification des hostilités, d’autant que le Rwanda ne retirera pas, à coup sûr, ses troupes, et que les groupes armés ne seront plus neutralisés ou désarmés comme le prévoyait l’accord de paix qui était en gestation jusqu’à ce coup de Trafalgar exécuté hier matin par Kagamé en snobant le sommet de Luanda. Cette attitude désinvolte et donc diplomatiquement incorrecte du président rwandais, a non seulement suscité la colère de ses pairs angolais et congolais, mais elle a aussi et surtout renforcé le scepticisme de ceux qui n’avaient fondé aucun espoir sur ce sommet tripartite censé ramener la paix dans cette partie de la RDC où tous les médiateurs se sont heurtés à la mauvaise foi pour ne pas dire au refus catégorique des belligérants de déposer les armes et d’engager des négociations franches pour le bonheur des populations martyrisées par des hordes de criminels depuis plusieurs décennies. Si l’ONU, elle-même, s’est montrée impuissante à pacifier ce pays dont les problèmes sont proportionnels à sa gigantesque superficie, ce n’est pas de l’Angola qui est, à vrai dire, elle-même partie au conflit, que le miracle pourrait venir, même s’il faut reconnaitre au président Joao Lourenço le mérite d’avoir essayé là où rares de personnes avisées et de bonne volonté, osent encore aller se faire humilier.

« Le Pays »


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