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Politique

Seif el Islam veut « vitrifier » Sarkozy

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En plein procès de Nicolas Sarkozy, qui s’est ouvert le 6 janvier dernier à Paris, Seif el Islam, le fils cadet du défunt président libyen, Mouammar Kadhafi, s’est livré à des révélations pour le moins accablantes contre l’ancien président français. Enfonçant l’ancien chef de l’Etat français qui est porteur d’un bracelet électronique pour purger sa peine dans l’affaire Bismuth, le rejeton du « Guide » de la Jamahiriya n’est pas passé par quatre chemins pour réitérer ses accusations contre l’ex-locataire du palais de l’Elysée. Non seulement, il affirme avoir piloté l’opération de remise du pactole devant servir au financement de la campagne du leader et candidat de l’UMP (Union pour un mouvement populaire), mais aussi il cite, avec force détails et précisions, des intermédiaires ayant joué un rôle central dans la transaction. Toujours est-il que ce sont des accusations qui ne datent pas d’aujourd’hui et au sujet desquelles il dit avoir subi de multiples pressions de la part du dirigeant français, pour changer son témoignage devant la Justice.

Il revient au juge de savoir démêler l’écheveau pour faire la lumière sur cette sombre affaire

Mais au regard de ce grand déballage, il ne fait pas de doute que pour autant qu’il ait vraiment entrepris une telle démarche, Nicolas Sarkozy filait du mauvais coton s’il pensait pouvoir compter sur Seif el Islam pour se tirer d’affaire dans ce dossier opaque dans lequel il patauge depuis plus de dix ans. Mieux, au regard du timing de sa sortie médiatique dans laquelle le rejeton du Colonel Kadhafi persiste et signe dans ses accusations visant à enfoncer le clou de la crucifixion dans le bras de l’ancien chef de l’Etat français, on se demande s’il n’y a pas, chez Seif el Islam, une volonté de « vitrifier » celui qui fut un allié de son père. Pour certains, en effet, Sarkozy a su profiter des largesses de Kadhafi avant de se retourner contre lui voire de tremper dans un complot visant à le déchoir du pouvoir ou le faire taire à jamais. Toujours est-il que pour le mis en cause qu’il est devenu, c’est une sortie qui tombe mal pour Nicolas Sarkozy. Même si, dans le cas d’espèce, c’est sa parole contre celle de son accusateur. Cela est d’autant plus vrai que depuis le début de l’affaire, l’ancien chef de l’Etat français est dans la dénégation. Et son avocat n’est pas loin de balayer du revers de la main, « des accusations qui ne sont étayées par rien, qui ne sont confirmées par rien ». Pour lui, ce sont des déclarations « non seulement fantaisistes, mais également très opportunistes », qui « tombent alors que le procès vient de commencer ». De là à voir dans la démarche du fils du Guide, une volonté de vengeance, il y a un argument dont la défense ne semble pas vouloir se priver. Poursuivant dans son argumentaire, l’avocat soutient que ce sont des « accusations parfaitement gratuites, qui ne visent qu’à nuire, qui ne visent qu’à se venger ». En tout état de cause, maintenant que le procès est ouvert, il revient au juge de savoir démêler l’écheveau pour faire la lumière sur cette sombre affaire qui a déjà fait couler beaucoup d’encre et de salive.

La défense a beau s’accrocher aux preuves matérielles, Nicolas Sarkozy a du mouron à se faire

Et Nicolas Sarkozy est d’autant plus mal barré qu’en plus d’être déjà sous le coup de deux condamnations, pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Bismuth et financement illégal de campagne dans le dossier Bygmalion, l’ancien président de la République joue gros dans cette affaire de financement de sa campagne présidentielle de 2007.

Autant dire qu’au-delà de son honneur et de sa réputation, c’est plus son image d’intégrité que ce qu’il reste de son avenir politique, qui est en jeu. Pour le reste, la question du financement de la campagne de présidents français par des fonds africains, ne date pas d’aujourd’hui. Et de l’ancien président gabonais, Omar Bongo, au Burkinabè Blaise Compaoré en passant, entre autres, par l’Ivoirien Laurent Gbagbo, Dieu seul sait combien de millions d’euros ou de dollars prélevés dans les maigres budgets des pays des dirigeants cités, ont transité par des circuits tortueux, minutieusement cachés dans des mallettes, des valises ou autres djembés pour finalement tomber dans les caisses de campagne de candidats à la magistrature suprême dans l’Hexagone. C’est dire si c’est une pratique qui semblait bien ancrée dans les habitudes de certains « grands chefs blancs ». Et cela est aujourd’hui de notoriété publique. C’est pourquoi, la défense a beau vouloir des preuves matérielles, Nicolas Sarkozy a du mouron à se faire dans cette affaire qui a déjà écorné son image et qui est encore loin de dévoiler tous ses dessous.

« Le Pays »


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