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Politique

Camp Thomas d’Aquin Ouattara :Le Coq gaulois contraint de baisser la crête

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Depuis hier, 20 février 2025, le camp militaire français de Port-Bouët abritant le 43e Bataillon d’infanterie et de marine (BIMA) basé à Abidjan, est officiellement passé sous commandement ivoirien. Cela a fait l’objet d’une cérémonie de rétrocession par la France, qui entre dans le cadre de la reconfiguration du dispositif militaire français en Afrique. Et qui s’est déroulée en présence des plus hautes autorités militaires des deux pays engagés dans un processus de retrait concerté de l’armée française en Eburnie. Ce qui n’a pas été le cas dans d’autres pays africains où la rupture avec l’ancienne puissance coloniale, s’est faite dans le fracas de la dénonciation tonitruante des accords militaires. Cela a notamment été le cas au Mali, au Burkina Faso, au Niger ou encore au Tchad où le retrait de l’armée française devenue indésirable dans ces pays du Sahel, s’est pratiquement fait au pas commando sur fond de vives tensions avec les autorités et les populations locales.

C’est un changement de cap qui s’imposait comme une impérieuse nécessité pour la France

Une situation qui a pu peser dans la décision de la France, de donner un coup d’accélérateur à un processus qui traînait depuis des années. Pour en revenir à la rétrocession du camp de Port-Bouët rebaptisé « Camp Thomas d’Aquin Ouattara », du nom du tout premier chef d’Etat-major de l’armée ivoirienne, elle marque certes, la fin d’une époque, mais pas celle du partenariat entre Paris et Abidjan qui restent des alliés. Toujours est-il que la France peut se féliciter de cette séparation en douceur et en bonne intelligence, qui permet de préserver quelque peu son image sur le continent noir où elle a été chassée par-endroits comme un malpropre. Un continent où la montée du sentiment anti-français qui est perceptible, ces dernières années, oblige Paris à changer le fusil de sa coopération militaire avec l’Afrique, d’épaule. Mais la France a beau chercher à sauver les apparences, la reconfiguration de son dispositif militaire en Afrique, qui se traduit, entre autres, par une diminution drastique de ses effectifs, témoigne manifestement d’une volonté de Paris, de s’adapter au nouveau contexte d’un continent en pleine mutation et où souffle un vent de souverainisme sur fond de diversification de partenariats. Autant dire qu’au regard du changement de la donne et de paradigme sur le continent noir, c’est un changement de cap qui s’imposait comme une impérieuse nécessité pour la France qui a longtemps fait la pluie et le beau temps, notamment en faisant et en défaisant des régimes en Afrique. Et le Coq gaulois est d’autant plus contraint de baisser la crête que cette volonté de réviser les termes de la coopération militaire avec l’Hexagone, va au-delà de pays comme ceux du Sahel, connus pour n’être pas en odeur de sainteté avec la France, pour s’étendre à d’autres comme la Côte d’Ivoire ou encore le Sénégal qui entretiennent des relations cordiales avec Paris.

Avec la rétrocession du camp de Port-Bouët, c’est une page du partenariat militaire entre la Côte d’Ivoire et la France, qui se tourne

C’est dire si au-delà de toutes considérations, Paris n’avait pas vraiment le choix que de revoir sa copie pour adopter une nouvelle stratégie qui consiste désormais à rester présente, mais à être le moins visible possible. Une discrétion qui s’impose comme la règle d’or. En tout cas, autant les bases françaises étaient, jadis, admises en Afrique, au lendemain des indépendances où elles n’ont jamais failli dans la défense des intérêts de la France, autant la présence de l’armée tricolore est aujourd’hui problématique quand elle n’est pas décriée sur le continent noir où elle apparaît, aux yeux de l’opinion, comme les vestiges d’un néocolonialisme visant à perpétuer les rapports de dépendance. En tout état de cause, avec la rétrocession du camp de Port-Bouët, qui est une étape dans la restructuration du dispositif militaire français en Afrique, c’est une page du partenariat militaire entre la Côte d’Ivoire et la France, qui se tourne, pour en ouvrir une nouvelle où l’accent sera mis sur la formation et l’assistance. Pour le reste, l’histoire dira si le nouveau schéma de la coopération militaire de la France avec l’Afrique, permettra à Paris de sauver son influence sur le continent africain devenu le champ de rivalités des grandes puissances. Un continent où se jouent de nombreux intérêts géostratégiques et où en dehors de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, la France compte aussi des bases militaires au Gabon et à Djibouti. La dernière base citée, qui ne compte pas moins de mille cinq cents soldats n’étant pas, pour l’heure, concernée par la restructuration en cours.

« Le Pays »


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